21 instruments et 3 enquêtes approfondies mesurant comment la fatigue d'alarme affecte la prise de décision à bord des voiliers. Contribuez vos données en 90 secondes.
Article publié : DOI 10.20944/preprints202603.1014.v1
Cette page documente la méthodologie derrière chaque instrument de l'Étude sur la Fatigue d'Alarme Maritime.
La fatigue d'alarme survient lorsque des alarmes fréquentes et indifférenciées amènent les navigateurs à réagir plus lentement, moins précisément, ou pas du tout. Nos instruments mesurent cet effet dans six domaines cognitifs : discrimination, attention, temps de réaction, mémoire de travail, triage et habituation.
14 instruments qui mesurent directement la performance cognitive dans des conditions simulant la fatigue d'alarme. Ils génèrent des données destinées à la publication scientifique. Les participants voient un indicateur « ENREGISTREMENT DES DONNÉES » pendant le test.
7 instruments qui mesurent les connaissances nautiques appliquées — feux de navigation, interprétation radar, COLREGs, AIS et sensibilisation aux alarmes de mouillage. Précieux pour l'éducation à la sécurité et l'engagement.
Ce qu'il mesure : Si les navigateurs peuvent distinguer 5 sons d'alarme MFD standard uniquement à l'oreille. Les alarmes proviennent d'écrans multifonctions marins courants. Les participants écoutent chaque alarme et doivent l'identifier parmi un ensemble d'options.
Pourquoi c'est important : Si l'équipage ne peut pas différencier les alarmes, il ne peut pas hiérarchiser sa réponse. C'est une mesure fondamentale de la discriminabilité des alarmes — le premier maillon de la chaîne qui mène à l'action correcte.
Note de conception : Les 5 enregistrements d'alarme sont intentionnellement identiques, reflétant le constat réel que la plupart des fabricants de MFD utilisent des tonalités d'alarme identiques ou quasi identiques pour différentes catégories d'alerte.
Ce qu'il mesure : La capacité d'un navigateur à détecter des changements visuels à l'horizon après une perturbation simulée de la vision nocturne. Le participant observe une scène de nuit, un flash blanc simule un éblouissement, et il doit identifier ce qui a changé.
Pourquoi c'est important : La nuit, un seul regard sur un écran lumineux détruit la vision adaptée à l'obscurité pendant 20 minutes. Cet instrument mesure la capacité des navigateurs à détecter les changements (nouveau navire, cap modifié, feu disparu) après une telle perturbation.
Ce qu'il mesure : La capacité à hiérarchiser des alertes en cascade lorsque plusieurs alarmes se déclenchent simultanément. Les alertes apparaissent avec un code couleur de gravité et des comptes à rebours. Le participant doit toucher l'alerte la plus prioritaire avant l'expiration du temps.
Pourquoi c'est important : Lors d'une vraie cascade d'alarmes, l'alerte critique est noyée parmi les alertes de routine. Cet instrument mesure la précision et la rapidité avec lesquelles les navigateurs identifient ce qui compte le plus quand tout réclame leur attention en même temps.
Ce qu'il mesure : Si les navigateurs comprennent la rapidité avec laquelle différents scénarios maritimes passent de la routine au critique. Les participants classent 12 scénarios (tirés d'un pool de 15) sur 4 manches selon la vitesse à laquelle ils deviennent dangereux.
Pourquoi c'est important : Des modèles mentaux erronés de la vitesse d'escalade entraînent des réponses tardives. Une ancre qui chasse dans un mouillage encombré s'aggrave plus vite que la plupart des navigateurs ne le supposent. Cet instrument révèle ces lacunes.
Ce qu'il mesure : La connaissance qu'a un navigateur des 12 modes de défaillance indépendants qui peuvent empêcher une application d'alarme de mouillage sur smartphone de réveiller l'équipage à 3 h du matin. Les participants classent ces modes de défaillance par gravité.
Pourquoi c'est important : Les applications d'alarme de mouillage sur smartphone sont devenues la norme pour les plaisanciers, mais la plupart des utilisateurs ignorent que le rafraîchissement en arrière-plan iOS, le mode Ne pas déranger, le routage Bluetooth et la dégradation du signal GPS sous le pont peuvent chacun indépendamment couper l'alarme.
Ce qu'il mesure : La capacité d'un navigateur à déduire quelle alarme l'a réveillé à partir des lectures d'instruments et d'indices environnementaux. Chaque scénario présente une cabine à 3 h du matin avec des instruments visibles, et le participant doit identifier la source de l'alarme.
Pourquoi c'est important : Lorsqu'on est réveillé à 3 h du matin par une alarme non identifiée, l'équipage doit rapidement diagnostiquer la source pour déterminer la réponse appropriée. Une mauvaise identification fait perdre un temps précieux ou provoque une réaction inadaptée.
Ce qu'il mesure : L'habituation aux alarmes — si le comportement de réponse d'un participant dérive lorsque les fausses alarmes dominent. Sur 3 phases avec des taux de fausses alarmes croissants, l'instrument suit si le participant continue de répondre aux alarmes critiques réelles ou commence à les ignorer.
Pourquoi c'est important : L'effet « Pierre et le Loup » est un phénomène bien documenté dans la recherche sur la fatigue d'alarme clinique. Lorsque 85–99 % des alarmes sont fausses ou non exploitables, le personnel cesse de répondre — y compris aux véritables urgences. Cet instrument mesure si le même effet se produit dans un contexte maritime.
Ce qu'il mesure : Le temps de réaction simple et sa dégradation au cours d'une session soutenue, inspiré du test de vigilance psychomotrice (PVT) utilisé en recherche sur la fatigue. Le participant répond à des stimuli d'alarme aussi rapidement que possible sur 3 blocs de 10 essais.
Pourquoi c'est important : Le temps de réaction est la mesure la plus directe de la vigilance. Le PVT est la référence en recherche sur le sommeil et la fatigue. Cette version contextualisée au domaine maritime mesure si le temps de réaction se dégrade même au cours d'une courte session d'attention soutenue — un aperçu de ce qui se passe pendant un quart de nuit de 4 heures.
Ce qu'il mesure : L'attention auditive soutenue selon le paradigme classique de l'intrus (oddball). Un son standard répétitif joue en continu ; le participant doit détecter quand un son cible rare (l'« intrus ») apparaît parmi les sons standards.
Pourquoi c'est important : Le paradigme de l'intrus mesure la capacité du cerveau à maintenir l'attention sur un flux monotone et à détecter les déviations. Sur un bateau, c'est exactement ce que le quart exige — des heures de routine ponctuées d'événements rares nécessitant une reconnaissance immédiate.
Ce qu'il mesure : Le tri des alertes par priorité sous une pression temporelle progressivement croissante. Sur 4 phases, les alertes arrivent plus vite et se chevauchent davantage, mesurant le point de rupture de la précision du triage.
Pourquoi c'est important : Lors de vraies cascades d'alarmes, le rythme des alertes entrantes augmente à mesure que les systèmes défaillent. Cet instrument identifie le seuil au-delà duquel la capacité de triage d'un navigateur se dégrade — le point où il commence à manquer des alertes critiques ou à répondre aux mauvaises.
Ce qu'il mesure : La discrimination des alarmes sous convergence perceptive. Les alarmes réelles et les fausses alarmes sont initialement faciles à distinguer, puis deviennent progressivement plus similaires. Le participant doit agir sur les alarmes réelles (Go) et inhiber sa réponse aux fausses alarmes (No-Go).
Pourquoi c'est important : À mesure que les systèmes d'alarme vieillissent ou sont mal configurés, les indices visuels et auditifs qui distinguent les alertes critiques des alertes de routine se dégradent. Cet instrument mesure la capacité des navigateurs à maintenir la précision de discrimination lorsque les signaux convergent.
Ce qu'il mesure : La discrimination audio et l'association d'actions. Après une brève phase d'apprentissage où les participants découvrent 5 sons d'alarme distincts et leurs réponses associées, ils doivent identifier correctement chaque alarme et sélectionner l'action appropriée sous pression temporelle.
Pourquoi c'est important : Savoir ce que signifie une alarme n'est utile que si l'on peut se rappeler la bonne réponse. Cet instrument mesure la chaîne complète alarme-action : entendre, identifier et agir correctement.
Ce qu'il mesure : L'attention en double tâche — la capacité à maintenir une tâche principale (correction du cap au compas) tout en détectant des menaces périphériques (feux de navigation apparaissant aux bords de l'écran). Sur 3 phases, les exigences augmentent.
Pourquoi c'est important : Pendant le quart, un navigateur doit simultanément surveiller les instruments, maintenir le cap et scruter l'horizon. Cet instrument mesure le coût de la double tâche — à quel point la détection périphérique se dégrade quand la tâche principale accapare l'attention.
Ce qu'il mesure : La mémoire de travail spatiale — la capacité à mémoriser les positions des navires après l'extinction d'un écran radar. Chaque manche affiche des navires sur un écran radar pendant une brève période, puis l'écran s'éteint et le participant doit rappeler la position de chaque navire.
Pourquoi c'est important : Quand le radar tombe en panne, que l'AIS disparaît ou que la visibilité se réduit, la seule chose qui assure votre sécurité est votre modèle mental de la position des autres navires. Cet instrument mesure cette capacité de mémoire spatiale sous charge croissante (3 à 5 navires).
Ce qu'il mesure : La capacité d'un navigateur à identifier les modes de défaillance indépendants des systèmes d'alarme de mouillage sur smartphone. 10 scénarios de cockpit à 3 h du matin — 7 sont de vrais risques, 3 sont sûrs. Les participants classent chaque scénario comme « Risque » ou « Sûr ».
Pourquoi c'est important : Les scénarios sont tirés de modes de défaillance documentés et répertoriés dans notre analyse des défaillances d'alarmes de mouillage sur smartphone. Les fausses alarmes (qualifier d'éléments sûrs comme risques) sont suivies séparément pour mesurer le biais de sur-vigilance.
Ce qu'il mesure : La vitesse et la précision d'identification des symboles cartographiques. Des symboles de carte rendus en SVG apparaissent avec une pression temporelle, et le participant doit classer chacun comme « Danger » ou « Sûr » avant l'expiration du temps.
Pourquoi c'est important : Les symboles du traceur cartographique sont le langage visuel de la navigation électronique. Confondre un symbole d'épave avec une bouée, ou ne pas reconnaître une zone restreinte, a des conséquences directes sur la sécurité.
Ce qu'il mesure : La capacité à lire les données AIS et à identifier quel navire est sur une route de collision. Chaque scénario présente plusieurs cibles AIS avec des données de CPA (Point d'Approche le Plus Proche) et de TCPA (Temps jusqu'au CPA).
Pourquoi c'est important : L'AIS fournit des données riches, mais seulement si vous pouvez les interpréter rapidement. Identifier lequel parmi plusieurs navires présente le plus grand risque de collision est une décision critique qui doit être prise en secondes, pas en minutes.
Ce qu'il mesure : La capacité à identifier les échos radar sans superposition AIS. Les retours radar bruts sont affichés et le participant doit identifier ce que chaque écho représente — navire, terre, bouée, pluie ou fouillis de mer.
Pourquoi c'est important : Quand l'AIS tombe en panne ou que les cibles n'émettent pas, le radar est la dernière ligne de défense électronique. Lire les retours radar bruts est une compétence que beaucoup de navigateurs ont perdue en s'appuyant de plus en plus sur la superposition AIS.
Ce qu'il mesure : Les connaissances en matière de réponse MOB (Homme à la Mer) avec une pénalité de dérive en temps réel. Chaque scénario présente une situation MOB et plusieurs options de réponse. Les mauvaises réponses accumulent du temps de dérive — chaque seconde de retard équivaut à 3 mètres de dérive.
Pourquoi c'est important : Lors d'un vrai événement MOB, le chronomètre démarre au moment où quelqu'un passe par-dessus bord. La pénalité de dérive rend cet instrument viscéral — les réponses incorrectes ne font pas que perdre des points, elles éloignent la personne dans l'eau.
Ce qu'il mesure : L'application du Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer (COLREGs). Chaque rencontre présente deux navires et le participant doit déterminer qui cède le passage et qui maintient sa route.
Pourquoi c'est important : Les COLREGs sont le code de la route en mer. Une mauvaise application mène à des situations rapprochées et à des collisions. Cet instrument teste l'application pratique sous pression temporelle sur un large éventail de types de rencontre.
Ces enquêtes explorent le sommeil réel, la fatigue et les connaissances en navigation. Chacune offre un profil personnalisé basé sur vos réponses.
Ce que ça mesure : Comment les navigateurs dorment au mouillage — habitudes de veille au mouillage, utilisation des alarmes, anxiété météo, choix du mouillage, perturbation du sommeil.
Pourquoi c'est important : L'anxiété au mouillage est l'une des sources les plus courantes de mauvais sommeil chez les navigateurs de croisière.
Ce que ça mesure : Comment les plaisanciers retiennent les COLREGs — 13 questions notées sur la priorité, les signaux sonores, les feux et la visibilité réduite.
Pourquoi c'est important : La recherche se concentre sur les professionnels ; les plaisanciers font face aux mêmes rencontres avec moins de formation. L'effet Dunning-Kruger signifie que la confiance dépasse souvent les connaissances réelles.
Ce que ça mesure : Comment les navigateurs gèrent la fatigue lors des traversées hauturières — quarts, accumulation de sommeil, auto-évaluation de la fatigue, prise de décision sous privation de sommeil.
Pourquoi c'est important : La plupart des navigateurs pensent bien gérer la fatigue ; la science suggère le contraire.
Toute participation est volontaire. Les réponses aux quiz sont collectées de manière anonyme. La collecte d'e-mails est optionnelle et régie par notre politique de confidentialité en conformité avec le RGPD. Les résultats agrégés peuvent être publiés dans des revues scientifiques. Cette étude collecte des réponses anonymes et volontaires à des fins d'analyse exploratoire et ne nécessite pas d'approbation éthique formelle selon les directives européennes actuelles pour les enquêtes en ligne anonymes.
1. Les conditions de test diffèrent de la réalité. Les participants sont éveillés, alertes et utilisent un appareil familier. À 3 h du matin sur un bateau, ils seraient privés de sommeil, désorientés et confrontés au mouvement, au bruit et à l'obscurité.
2. La connaissance ne signifie pas le comportement. Identifier un risque dans un quiz ne signifie pas que le participant l'a traité sur son propre bateau.
3. Échantillon auto-sélectionné. Les participants qui recherchent un quiz de sécurité maritime sont peut-être déjà plus sensibilisés que la population navigante générale. Nos résultats représentent probablement un scénario optimal.
4. Audio et visuels sur navigateur web. Les instruments audio dépendent des haut-parleurs de l'appareil du participant et du bruit ambiant. Les instruments visuels dépendent de la taille et de la luminosité de l'écran. Ni l'un ni l'autre ne peuvent reproduire les conditions sensorielles à bord d'un navire la nuit.
5. Pas de suivi longitudinal. Chaque session est indépendante. Nous ne pouvons actuellement pas mesurer comment la performance évolue dans le temps ou avec une exposition répétée (bien que le système de passeport suive les instruments complétés par chaque participant).
Cette étude s'appuie sur un article de revue publié examinant la fatigue d'alarme dans le contexte de la navigation de plaisance :
Zucchelli, P. & Smith, N. (2026). Alert Fatigue in Recreational Sailing: A Review of Alarm System Design, Cognitive Load, and Safety Implications. Preprints.org.
DOI: 10.20944/preprints202603.1014.v1